PRÉLUDE II — L’Ombre de l’Appel
« Rien ne naît sans être appelé.
Rien ne revient sans être reconnu. »
— Fragment de l’Appel Ancien
La nuit où tout commença
n’avait rien d’exceptionnel.
Pas de tempête.
Pas de signe.
Pas de prophétie.
Juste un silence
un peu trop profond,
un peu trop lourd,
comme si l’air lui‑même
retenait son souffle.
Dans les pierres,
quelque chose bougea.
Un battement.
Puis un second.
Puis un troisième,
plus lent,
plus ancien.
Something was waking.
Les racines frémirent.
Les murs invisibles
du monde réel
se tendirent
comme une peau trop fine.
Personne ne vit
les premières fissures.
Personne n’entendit
le premier appel.
Mais la terre, elle,
répondit.
Un murmure monta,
pas dans l’air,
pas dans la forêt,
mais dans la profondeur même
du monde :
« Vor’Fábr… Drath’Kor… »
Deux noms.
Deux battements.
Deux ombres.
Puis un troisième.
Puis un quatrième.
« Shæ’Lunn… Kor’Vask… »
Quatre présences.
Quatre voix.
Quatre retours.
Le sol vibra.
La pierre se contracta.
Le silence se déchira.
They are coming.
Et dans cette nuit
qui n’avait rien d’exceptionnel,
quelque chose
se mit en marche.
Quelque chose
qui n’était pas encore né,
mais qui avait déjà été appelé.
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