JOUR 7 — Kor’Vask, le Marteau des Mondes
« Quand la terre hésite, le tonnerre décide. »
— Tablettes de Vor’ra, fragment XXXI
La brèche vibrait encore du murmure de Shæ’Lunn. Les racines, réveillées, s’étendaient comme un réseau vivant sous la surface du monde. Vor’Fábr demeurait immobile, la Couronne Fendue irradiant une lumière blanche et froide. Drath’Kor, lui, contractait l’air autour de son masque d’ombre, comme si l’abîme respirait à travers lui. Ensemble, ils formaient déjà une triade impossible : la voix, la rage, la mémoire.
Le monde le sentit avant de le voir.
Une vibration sourde, profonde, résonna dans les entrailles de la terre. Pas un écho. Pas un souffle. Un impact. Comme si un poing colossal avait frappé le cœur du monde. Les pierres tremblèrent. Les racines se crispèrent. Les ombres se contractèrent. Même la lumière blanche de la brèche sembla vaciller, comme si elle reconnaissait une force capable de la briser.
Et alors, dans un grondement silencieux, il apparut.
Kor’Vask.
Il ne glissait pas. Il ne rampait pas. Il frappait. Chaque pas — si l’on peut appeler cela un pas — résonnait comme un marteau contre une enclume cosmique. Son masque de fer brisé émergea de la lumière comme un fragment d’armure arraché à un titan oublié. Les fissures qui le parcouraient vibraient d’une énergie sourde, comme si elles contenaient un tonnerre prêt à éclater.
Deux runes gravées sur ses tempes s’illuminèrent d’un éclat rouge et or. Elles pulsaient au rythme d’un battement qui n’était pas un cœur, mais un marteau. Un marteau qui frappait quelque chose de plus vaste que le monde. Quelque chose que seul Kor’Vask pouvait entendre.
Kor’Vask posa son poing au sol.
Le monde s’arrêta.
Le choc ne fut pas sonore. Il fut structurel. Il traversa la terre comme une onde de choc, réveillant des couches de mémoire que même Shæ’Lunn n’avait pas encore touchées. Les montagnes frémirent. Les cavernes vibrèrent. Les eaux stagnantes se mirent à onduler sans vent.
Puis il parla.
« Kor’vask drun’thor… vak’ra lun’kaar. »
Les mots résonnèrent comme des marteaux frappant une enclume cosmique.
— Que le tonnerre parle… que la porte s’ouvre.
Une ombre.

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