Lettre personnelle d’Aren Valdren

 Archives Lithiques de Vor’ra — Document non destiné à la publication
(retrouvé dans un tiroir scellé, sans date précise)

Illustration Fabien BOSC


Je ne sais pas pourquoi j’écris cette lettre.
Peut‑être pour mettre de l’ordre dans ce qui se fissure.
Peut‑être pour retenir quelque chose avant que cela ne m’échappe.

Depuis plusieurs semaines, je travaille sur les Tablettes de Vor’ra.
Je les connais par cœur.
Je pourrais en tracer les symboles les yeux fermés.
Et pourtant… quelque chose m’échappe.
Quelque chose bouge entre les lignes.

Hier soir, j’ai lu le JOUR 1.
Je ne devrais pas y accorder plus d’importance qu’à un texte contemporain, mais…
j’ai senti la même vibration que dans la salle 3, lorsque la pierre respire.
La même tension que dans les fissures de la Couronne Fendue.
La même lumière froide qui glisse parfois sous les runes.

Je ne comprends pas ce que cela signifie.
Je ne suis qu’un conservateur.
Un archiviste.
Un homme qui classe, restaure, nettoie, documente.

Mais les Tablettes me regardent.
Je le sens.
Elles me reconnaissent d’une manière que je ne peux pas expliquer.

Il y a un fragment que je n’ai jamais montré à personne.
Une tablette trop fragile pour être déplacée, trop instable pour être restaurée.
Elle porte un nom effacé.
Un nom que je n’arrive pas à lire.
Un nom qui ressemble au mien.

Je me dis que c’est une coïncidence.
Une illusion.
Une projection de fatigue.

Mais lorsque je ferme les yeux, je vois la Lisière.
Je ne sais pas comment je peux la voir.
Je ne devrais pas.
Je n’ai jamais quitté les Archives.
Je n’ai jamais marché ailleurs que dans les couloirs de pierre.

Et pourtant, je vois un seuil.
Je vois une lumière qui tremble.
Je vois une silhouette qui avance.
Je vois un nom brisé.

Je ne sais pas si je dois en parler.
Je ne sais pas si je dois continuer à écrire.
Je ne sais pas si je dois continuer à restaurer les Tablettes.

Mais je sens que quelque chose approche.
Quelque chose qui me concerne.
Quelque chose que je n’ai pas choisi.

Si quelqu’un trouve cette lettre,
qu’il sache que je n’ai jamais voulu franchir quoi que ce soit.
Je voulais seulement comprendre.

Je voulais seulement écouter.

Mais parfois,
écouter suffit à ouvrir une porte.

— Aren Valdren
Conservateur des Archives Lithiques de Vor’ra

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