PRÉLUDE I — Le Monde Avant la Fracture
« Le monde n’est pas silencieux.
Il attend simplement qu’on l’écoute. »
— Première Doctrine de la Pierre
Avant que les noms ne soient prononcés,
avant que les ombres ne se lèvent,
le monde respirait lentement.
Une respiration lourde,
faite de pierre,
de racines,
de silence.
Les anciens racontaient
que la terre n’était pas immobile,
qu’elle portait en elle
des veines de mémoire,
des chambres de sommeil,
des battements oubliés.
On riait d’eux.
On les traitait de fous.
Mais certaines nuits,
dans certains lieux trop anciens,
le sol vibrait
comme un cœur qui hésite
entre dormir encore
ou se réveiller trop tôt.
Un souffle monta,
faible,
presque imperceptible :
« …shæ’lor… vorn’ash… »
La langue interdite
ne disait rien.
Elle attendait.
Et le monde,
sans le savoir,
attendait avec elle.
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