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Affichage des articles du février, 2026

Vor’ra — Là où la Pierre Respira

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Le premier souffle d’un univers qui attendait depuis longtemps Il y a des univers qui se construisent pierre après pierre. Et il y a ceux qui se réveillent . Depuis plusieurs jours, vous explorez les premières veines, les premières fractures, les premières vibrations de BOSKAFNIR , cet ensemble vivant où la matière se souvient, où la lumière hésite, où les ombres comptent ce que les vivants oublient. Et chaque soir à 20h , sur le blog officiel (https://boskafnir.blogspot.com/), vous découvrez un prolongement et un complément du futur roman Lisière et de son album compagnon : un fragment narratif inédit et un extrait musical qui en révèle l’écho. Ce rendez-vous quotidien n’est pas un simple aperçu. C’est un rituel , une progression, une manière d’entrer dans l’univers comme on suit une veine qui s’ouvre, une fracture qui respire, une lumière qui hésite avant de révéler ce qu’elle porte. Aujourd’hui, ce monde franchit un seuil. Illustration Fabien BOSC Un monde avant le monde Vor’ra n...

JOUR 7 — Kor’Vask, le Marteau des Mondes

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  « Quand la terre hésite, le tonnerre décide. » — Tablettes de Vor’ra, fragment XXXI Illustration Fabien BOSC La brèche vibrait encore du murmure de Shæ’Lunn. Les racines, réveillées, s’étendaient comme un réseau vivant sous la surface du monde. Vor’Fábr demeurait immobile, la Couronne Fendue irradiant une lumière blanche et froide. Drath’Kor, lui, contractait l’air autour de son masque d’ombre, comme si l’abîme respirait à travers lui. Ensemble, ils formaient déjà une triade impossible : la voix, la rage, la mémoire. Mais il manquait encore quelque chose. Quelque chose de plus lourd. De plus ancien. De plus brutal. Le monde le sentit avant de le voir. Une vibration sourde, profonde, résonna dans les entrailles de la terre. Pas un écho. Pas un souffle. Un impact . Comme si un poing colossal avait frappé le cœur du monde. Les pierres tremblèrent. Les racines se crispèrent. Les ombres se contractèrent. Même la lumière blanche de la brèche sembla vaciller, comme si elle reconnaissa...

JOUR 6 — Shæ’Lunn, la Tisseuse de Racines

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  « La mémoire ne dort jamais : elle rampe, elle écoute, elle attend la fracture. » — Tablettes de Vor’ra, fragment XXVIII Illustration Fabien BOSC La présence de Vor’Fábr avait ouvert la voie. Celle de Drath’Kor l’avait creusée. La brèche, désormais vibrante comme une plaie cosmique, semblait respirer. Chaque pulsation élargissait son contour, chaque souffle invisible la rendait plus profonde, plus affamée, plus consciente. Le monde, déjà ébranlé par les deux premières voix, oscillait entre résistance et abandon. Les racines tremblaient. Les pierres se fissuraient. L’air se contractait puis se relâchait, comme s’il imitait un cœur qui n’était pas le sien. Et dans cette tension, dans cette ouverture, une troisième présence commença à se manifester. Ce ne fut pas une lumière. Ce ne fut pas une ombre. Ce fut un murmure végétal , un frémissement organique, une vibration lente et profonde qui semblait remonter depuis les entrailles du monde. Les racines, d’abord crispées par la rage ...

JOUR 5 — Drath’Kor, le Hurleur de l’Abîme

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  « Là où la lumière ouvre, l’abîme répond. Nul Chant ne naît sans colère. » — Tablettes de Vor’ra, fragment XXI Illustration Fabien BOSC La lumière continuait de vibrer autour de la brèche, encore marquée par l’incantation de Vor’Fábr. Le monde, déjà ébranlé par la première voix, semblait hésiter à reprendre son souffle. Chaque particule d’air tremblait, chaque racine se contractait, chaque ombre se repliait sur elle‑même. La fracture n’était plus seulement ouverte : elle était active , vivante, affamée. Et dans cette ouverture, une seconde présence commença à se manifester. Ce ne fut pas une lumière. Ce ne fut pas un souffle. Ce fut une contraction . Une pression brutale, comme si l’air lui‑même tentait de fuir quelque chose qui n’était pas encore apparu. Le silence, déjà lourd, se densifia jusqu’à devenir presque solide. Les ombres se tordirent, non pas sous l’effet de la lumière, mais sous l’effet d’une force plus sombre, plus profonde, plus ancienne. Puis il arriva. Drath’Ko...

JOUR 4 — Vor’Fábr, le Porte‑Voix

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  « Quand la première voix se lève, le silence apprend son nom. » — Tablettes de Vor’ra, fragment XVII Illustration Fabien BOSC La lumière, encore vibrante de sa propre naissance, s’élargissait lentement, comme une plaie cosmique qui refusait de se refermer. Elle n’éclairait pas : elle révélait. Elle ne chauffait pas : elle tranchait. Et dans cette entaille, dans cette brèche ouverte au cœur du réel, quelque chose commença à prendre forme. Une silhouette, d’abord indistincte, glissait plus qu’elle n’avançait, comme si elle n’avait pas besoin de marcher pour exister. Ce fut Vor’Fábr qui franchit le seuil le premier. Il n’était pas né. Il n’était pas invoqué. Il n’était pas appelé. Il était ordonné . Façonné par le Chant lui‑même, sculpté dans une intention plus ancienne que la matière. Sa présence n’était pas un événement : elle était une conséquence. La conséquence inévitable de la division du Chant. Son masque de racine blanche émergea de la lumière comme un fragment d’écorce ar...

JOUR 3 — L’Entaille de Lumière

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  « Là où le silence se croit éternel, la lumière trouve toujours une faille. » — Tablettes de Vor’ra, fragment XXIII Illustration Fabien BOSC La troisième pulsation venait à peine de s’éteindre que le monde entra dans un état étrange, presque irréel. Ce n’était plus seulement une vibration, ni un souffle, ni une pression. C’était une attente consciente , comme si la matière elle‑même savait que quelque chose devait arriver, quelque chose d’inévitable, quelque chose qui ne pouvait plus être retenu. Le réel, tendu comme une corde prête à rompre, semblait hésiter entre deux états : celui qu’il avait toujours connu, et celui qu’il allait devoir accueillir. L’air devint lourd. Pas chaud, pas froid — lourd. Dense. Saturé d’une présence invisible. Les particules, habituellement dispersées et indifférentes, se rapprochèrent imperceptiblement, comme attirées par un centre encore inconnu. Le silence, lui aussi, changea de nature. Il n’était plus l’absence de son : il était une forme , une...

Les Terres de Vor’ra — Description Générale et Canonique

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  Territoire minéral, rituel et vibratoire du monde de BÓSKAFNIR Illustration Fabien BOSC Les Terres de Vor’ra forment un territoire ancien, minéral et profondément instable, situé dans une zone où le réel se plie, se contracte et se déforme sous l’effet de forces qui précèdent l’humanité. Ce n’est pas un pays. Ce n’est pas une région. C’est un nœud , un point de tension où la mémoire du monde affleure à la surface. Vor’ra n’a pas été construit : il a été réveillé . Le sol y respire. La pierre y murmure. La cendre y écoute. Les ombres y comptent. Et les fractures y cherchent des formes. Ce territoire est organisé autour d’un centre — le Plateau de Vorn’Kaath — et de six zones périphériques, chacune portant une fonction, une mémoire et une intention propres. Toutes sont reliées par un réseau invisible de veines , de fractures , de cendres vivantes et de lignes rituelles . 1. Le Plateau de Vorn’Kaath Centre du monde — Origine des vibrations Illustration Fabien BOSC Vorn’Kaath est l...

JOUR 2 — La Première Pulsation

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  « Quand le monde oublie son rythme, le Chant frappe trois fois pour le réveiller. » — Tablettes de Vor’ra, fragment XIV Illustration Fabien BOSC La première pulsation ne fut pas un son. Elle ne fut pas un mouvement. Elle fut une présence , un poids soudain dans l’air, comme si quelque chose d’immense venait de poser sa main sur le monde. Rien ne se déplaça, et pourtant tout sembla se resserrer autour de ce battement initial. La poussière, d’abord immobile, vibra d’un frisson presque timide, comme si elle hésitait à reconnaître ce qui l’appelait. Ce premier choc sourd n’avait rien d’un bruit. Il n’était pas destiné aux oreilles. Il était destiné à la matière. À la mémoire. Aux couches profondes du réel. Il se propagea comme une onde silencieuse, traversant les pierres, les racines, les eaux stagnantes, réveillant des fragments de souvenirs enfouis dans les strates du monde. Les montagnes, pourtant immobiles depuis des millénaires, semblèrent respirer. Les arbres, figés dans leur...

Lettre personnelle d’Aren Valdren

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  Archives Lithiques de Vor’ra — Document non destiné à la publication (retrouvé dans un tiroir scellé, sans date précise) Illustration Fabien BOSC Je ne sais pas pourquoi j’écris cette lettre. Peut‑être pour mettre de l’ordre dans ce qui se fissure. Peut‑être pour retenir quelque chose avant que cela ne m’échappe. Depuis plusieurs semaines, je travaille sur les Tablettes de Vor’ra. Je les connais par cœur. Je pourrais en tracer les symboles les yeux fermés. Et pourtant… quelque chose m’échappe. Quelque chose bouge entre les lignes. Hier soir, j’ai lu le JOUR 1. Je ne devrais pas y accorder plus d’importance qu’à un texte contemporain, mais… j’ai senti la même vibration que dans la salle 3, lorsque la pierre respire. La même tension que dans les fissures de la Couronne Fendue. La même lumière froide qui glisse parfois sous les runes. Je ne comprends pas ce que cela signifie. Je ne suis qu’un conservateur. Un archiviste. Un homme qui classe, restaure, nettoie, documente. Mais les ...

JOUR 1 — Le Frémissement

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  « Avant que la lumière ne se souvienne, le monde apprit à trembler. » — Tablettes de Vor’ra, fragment IX Illustration Fabien BOSC Avant que le monde ne se fissure, avant que les sorcières ne lèvent les yeux vers la Lune Noire, avant même que Lyanna ne sente son nom brûler sous sa peau, il y eut un frémissement. Ce frémissement n’était pas un événement : c’était une intention. Une hésitation du réel, comme si l’univers lui‑même retenait une parole trop lourde pour être prononcée. La terre, ce jour‑là — si l’on peut encore parler de jour — semblait retenir quelque chose. Non pas un secret, mais une tension. Une attente. Les pierres, les racines, les poussières anciennes vibraient d’une manière imperceptible pour les êtres vivants, mais parfaitement claire pour ce qui sommeillait sous elles. C’était un battement, trop lent pour être humain, trop profond pour appartenir à une créature. Un battement qui n’avait pas encore trouvé son corps. Dans les couches les plus anciennes du mond...