JOUR 8 — Vor’Kesh, l’Ombre Miroir
« Là où quatre voix se lèvent, une ombre se souvient. Car nul Chant ne se divise sans perdre un éclat. » — Tablettes de Vor’ra, fragment XXXVII Illustration Fabien BOSC La brèche, désormais immense, vibrait sous les incantations des trois premières voix et sous les impacts de Kor’Vask. La lumière blanche, tranchante comme une lame, oscillait entre expansion et contraction, comme si elle luttait pour conserver sa forme. Le monde, lui, n’était plus le même. Les racines s’étaient éveillées. L’abîme respirait. Le tonnerre parlait. La voix s’était levée. Et pourtant, quelque chose manquait. Quelque chose d’inattendu. Quelque chose d’impossible. Les quatre silhouettes façonnées par le Chant n’étaient pas seules. Cela commença par un frémissement. Pas dans la terre. Pas dans l’air. Pas dans la lumière. Dans l’ombre . Une ombre qui n’était pas projetée. Une ombre qui n’était pas causée. Une ombre qui n’était pas née d’un obstacle. Une ombre autonome . Elle glissait le long de la brèche...